Communiqué de presse

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AU-DELA DES EMOTICONES

Organisée par le Centre interfacultaire de neurosciences de l’Université de Genève (UNIGE), la semaine du cerveau part « En quête d’émotions », du 13 au 17 mars 2017, pour sa 20e édition. Rire, larme, souffrance, désir, empathie, autant d’états affectifs qui restent encore mal compris. Mais comment cela fonctionne-t-il dans notre cerveau ? Qu’est-ce qui provoque ces montagnes russes émotionnelles au plus profond de notre être ? Et que peut-on faire pour mieux les réguler?
Des experts de l’UNIGE, des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) et de l’Université de Fribourg (UNIFR) présenteront chaque soir un angle particulier consacré aux émotions, à 19h à Uni Dufour (entrée libre).


Un monde d’émotions
La première soirée sera l’occasion de mieux comprendre ce qu’est une émotion et comment elle s’exprime. Lundi 13 mars, David Sander, directeur du Centre en sciences affectives (UNIGE), exposera la manière dont les sciences affectives tentent de répondre aux questions concernant le déclenchement, l’expression et la régulation d’une émotion. Il analysera ses différentes composantes, ainsi que les interactions de l’émotion avec certains processus cognitifs tels que l’attention, la mémoire et la prise de décision. Didier Grandjean (UNIGE) parlera, quant à lui, de la reconnaissance de l’émotion. Comment notre cerveau produit-il une expression faciale, vocale, gestuelle et posturale faisant partie intégrante du processus émotionnel ? Comment attribue-t-on une valeur à une expression ? Ces questions seront discutées à la lumière des recherches récentes en psychologie et en neurosciences.


Drôle d’émotions
Mardi, Andrea Samson (UNIGE) emmènera le public dans le monde de l’humour et du rire, en exposant tant leurs aspects positifs que négatifs. L’importance de l’humour et son rôle social seront mis en évidence, tout comme sa forme agressive. Dans un second temps, Elise Wattendorf (UNIFR) se focalisera sur les circuits neuronaux impliqués dans ce phénomène. Elle distinguera ainsi les fonctions cérébrales liées au rire stimulé par l’incongruité de celles exprimant des formes pathologiques.

La contagion de la souffrance
La soirée du mercredi sera consacrée à l’empathie et la compassion. Olga Klimecki (UNIGE) explorera les différentes formes qui nous lient à la souffrance des autres. A l’aide de courts exercices proposés aux auditeurs, elle montrera comment l’entraînement de la compassion peut changer les fonctions cérébrales, les émotions et les comportements sociaux. Suite à cela, Corrado Corradi-Dell’Acqua (UNIGE) exposera les résultats les plus récents en neurosciences concernant le rôle majeur joué par les régions cérébrales, recrutées à la fois lors de l’expérience de son propre état mental, mais aussi dans la perception de l’état mental d’autrui. Il montrera que ces structures représentent un marqueur neuronal possible de l’empathie.


Désir et plaisir
Géraldine Coppin (UNIGE) nous parlera jeudi du lien intime entre le désir et le plaisir, qui sont pourtant deux notions bien distinctes et qui impliquent des régions différentes du cerveau. Cette distinction entre désir et plaisir sera présentée et illustrée par des exemples ayant trait à la consommation alimentaire. Francesco Bianchi-Demicheli (HUG) discutera ensuite de la complexité des mécanismes du désir sexuel et de ses variations. Il expliquera comment les troubles du désir sexuel jouent un rôle important dans les relations interpersonnelles, la vie de couple et la famille, avec des répercussions majeures en santé publique.


Humeurs troubles
Cette semaine du cerveau 2017 se clôturera vendredi par les humeurs et leurs troubles. Camille Piquet (HUG) expliquera ce qui distingue une émotion d’une humeur. Elle abordera les différentes stratégies utilisées par l’humain pour réguler ses émotions, ainsi que les différences entre troubles de l’humeur et dysrégulation émotionnelle. Enfin, Jean-Michel Aubry (HUG) parlera de la dépression et du trouble bipolaire, deux pathologies fréquentes ayant de lourdes conséquences pour le patient et sa famille. Il exposera les difficultés de diagnostic et les thérapies proposées, tout en soulignant la difficulté à déterminer l’origine du trouble bipolaire, tant génétique qu’environnementale.